800 RETRAITÉS MANIFESTENT À SAINT-ÉTIENNE

Ce 11 avril, les retraités se sont mobilisés partout en France ( 800 à Saint-Étienne et 250 à Roanne) pour défendre leur pouvoir d’achat et faire valoir leurs revendications, à l’appel du « groupe des neuf », qui réunit l’Union confédérale des retraités FO et huit autres organisations. Parmi les raisons de leur colère, le quasi-gel des pensions, la hausse de la CSG en place depuis 1er janvier 2018, mais aussi des attaques contre le droit à la retraite.

Les retraités sont en colère et ils le font de nouveau savoir. Jeudi 11 avril, pour la septième fois depuis le début du quinquennat, ils ont participé en nombre à une journée d’action et de manifestions, à l’appel de l’Union confédérale des retraités FO (UCR-FO) et de huit autres organisations réunies au sein du « groupe des neuf ». Pas moins de cent trente initiatives ont été recensées sur l’ensemble du territoire français.

Au cœur des préoccupations des retraités, leur pouvoir d’achat, mis à mal par une avalanche de mesures, récentes et plus anciennes.

Une revalorisation des pensions limitée à 0,3%

Au premier rang figure la décision prise par l’exécutif dans le cadre de la loi de financement pour la Sécurité sociale 2019, de limiter la revalorisation des pensions à 0,3% en janvier 2019, soit bien en-dessous de l’inflation en 2018, qui a atteint 1,8%. A cela s’ajoutent le quasi-gel des pensions depuis 2013 et la hausse de 1,7% de la CSG au 1er janvier 2018. Sur les deux dernières années, cela correspond à une perte de pouvoir d’achat de 5%, ont calculé les organisations de retraités.

Elles s’insurgent contre la décision du gouvernement de n’exonérer de CSG qu’une partie des retraités — les plus modestes — et contre sa proposition de ne revaloriser que les plus basses pensions du montant de l’inflation en 2019.

Deux poids, deux mesures

En ne traitant pas tout le monde de la même façon, le gouvernement remet en cause le principe de nos systèmes de retraite solidaires par répartition, dans lequel le fait de cotiser donne droit à une pension et une revalorisation, écrivent les syndicats. Ils y voient aussi une tentative de division des retraités.

La possibilité d’une réindexation des petites pensions sur les salaires et non plus sur l’inflation, évoquée par des membres du gouvernement, participe de cette attaque contre le droit à la retraite.

La retraite, un droit et pas une allocation de charité

La réindexation des basses pensions sur les salaires été avancée notamment par la ministre de la Santé Agnès Buzyn le 11 avril, dans la foulée du souhait exprimé par Emmanuel Macron de donner un signal aux petites retraites après le grand débat initié suite à la crise des Gilets Jaunes.

L’hypothèse hérisse Didier Hotte, secrétaire adjoint de l’Union confédérale des retraités FO.  Il y a là une rupture dans la conception des retraites. La retraite, c’est le reflet d’une carrière, c’est un droit et pas une allocation de charité, explique-t-il. Cela augure mal de la future réforme systémique et du régime unique par points voulu par le gouvernement.

Non aux exonérations de cotisations sociales

Les retraités protestent aussi contre les exonérations de cotisations sociales, qui provoquent des difficultés financières à la Sécurité sociale et poussent à des reculs de la couverture maladie, de la politique familiale ou au niveau des pensions.

Les principales revendications des organisations de retraités sont la revalorisation de toutes les pensions en fonction de l’évolution des salaires, le rattrapage des pertes de pouvoir d’achat subies depuis 2014 et un minimum de pension à hauteur du Smic pour une carrière complète.

Pour l’amélioration des pensions de réversion

Inquiets des mesures qui se profilent avec la future réforme des retraites, ils demandent en outre le maintien et l’amélioration des pensions de réversion.

De l’argent, il y en a, rappellent l’UCR-FO et les autres organisations de retraités. La fin du CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), dont l’efficacité sur l’emploi n’a jamais été évaluée, permettrait de dégager 40 milliards d’euros par an et le rétablissement de l’ISF (împôt sur la fortune) pas moins de 4,5 milliards d’euros. Sans parler de la lutte contre la fraude fiscale.

Déterminé à faire aboutir ses revendications face à un gouvernement qu’il qualifie de sourd dingue, le groupe des neuf a prévu de se revoir le 18 avril pour envisager les suites à donner à sa mobilisation.

11 avril 2019

Françoise LAMBERT
www.force-ouvriere.fr