LE GOUVERNEMENT DOUCHE LES ESPOIRS SYNDICAUX SUR LE POUVOIR D’ACHAT DES AGENTS PUBLICS

Lors de la réunion de suivi du rendez-vous salarial de la fonction publique, le secrétaire d’État Olivier Dussopt a fait le point sur la mise en œuvre des mesures décidées l’été dernier sans en annoncer de nouvelles. Elles “ne répondent pas à la demande générale d’une amélioration réelle des rémunérations” de tous les agents publics, ont jugé les organisations syndicales.

Le gouvernement a rapidement douché les espoirs des organisations syndicales de la fonction publique lors de la réunion de suivi du rendez-vous salarial, mardi 5 novembre. En ouverture de cet événement, le secrétaire d’État Olivier Dussopt a tout de suite indiqué aux représentants du personnel que cette réunion visait uniquement à faire le point sur la mise en œuvre des mesures annoncées lors du rendez-vous salarial du 2 juillet dernier. Et qu’il ne s’agissait en aucun cas d’annoncer de nouvelles mesures à destination des agents publics. De quoi décevoir des représentants du personnel qui, il y a quelques jours, n’étaient déjà pas optimistes quand au résultat de cette réunion.

Le secrétaire d’Etat a notamment souligné lors de cette réunion « la détermination du gouvernement à améliorer le pouvoir d’achat des agents publics et le plein respect des engagements qui ont été les siens en la matière ». 

Au total, a affirmé Olivier Dussopt à cette occasion, les annonces estivales représentent un effort de l’ordre “d’1 milliard d’euros” de la part de l’État. Parmi ces mesures : la poursuite en 2020 du déploiement des dispositions du protocole sur les parcours professionnels, les carrières et les rémunérations (PPCR) qui, pour rappel, avait été gelé en 2018 ; la reconduction de la garantie individuelle de pouvoir d’achat (Gipa) ; la revalorisation des plafonds indemnitaires des assistants de services sociaux et des conseiller techniques de service social de l’État et de la territoriale ; la revalorisation du remboursement des frais de repas ; la réévaluation de l’indemnité compensatrice de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) ou encore la revalorisation du Cesu “Garde d’enfants” et la création d’une nouvelle tranche d’aide.

Pas de revalorisation globale 

S’agissant du forfait “mobilité durable” de 200 euros prévu par la loi d’orientation des mobilités, qui doit être ouvert dès 2020 aux agents de l’État, “les travaux se poursuivent”, a indiqué Olivier Dussopt, tout comme sur la réforme de l’indemnité temporaire de mobilité et le développement de la rémunération au mérite.

Le projet de budget pour 2020 étant actuellement en cours d’examen au Parlement, les organisations syndicales avaient néanmoins estimé qu’il était “encore temps d’améliorer la rémunération de tous les agents publics”. Dans une déclaration lue lors de la réunion, la CGT, la CFDT, l’Unsa, la FSU, Solidaires, la FA-FP, la CFE-CGC et la CFTC ont ainsi rappelé “leur exigence d’une revalorisation du point d’indice” (en vain donc) et insisté “sur la nécessité de prendre rapidement des mesures positives pour le pouvoir d’achat”. 

“Après un nouveau gel de la valeur du point d’indice depuis 2017, après une hausse de la CSG sans gain de pouvoir d’achat pour les seuls agents publics”, les syndicats ont par ailleurs souligné “que le gouvernement ne prend toujours pas en compte l’évolution de l’inflation ni la hausse annuelle des cotisations retraite depuis dix ans”. 

Politique salariale d’austérité

Concernant spécifiquement les annonces de juillet dernier, sur lesquelles est revenu Olivier Dussopt ce 5 novembre, les représentants du personnel ont jugé que “même si elles bénéficieront” à certains, elles “ne répondent pas à la demande générale d’une amélioration réelle des rémunérations” de tous les agents publics. Et d’ajouter : “l’État, les collectivités et les employeurs hospitaliers se veulent des employeurs exemplaires, il ne tient qu’à eux de le prouver en construisant dès maintenant les mesures salariales à la hauteur des attentes légitimes” des agents.

Dans sa déclaration, Force ouvrière (FO) a quant à elle affirmé qu’avec la réforme à venir des retraites, “la politique salariale d’austérité menée depuis des années dans la fonction publique sera un catalyseur supplémentaire pour fédérer les mécontentements”. “En y ajoutant aujourd’hui une nouvelle année de gel des salaires pour 2020, le gouvernement ne fait qu’aggraver la situation”, a ajouté FO.