LES MODÈLES DE CONVENTION DE RUPTURE CONVENTIONNELLE DE LA FONCTION PUBLIQUE DÉVOILÉS

L’arrêté du gouvernement fixant les modèles de convention de rupture conventionnelle a été publié au Journal officiel du mercredi 12 février. Prévu par le décret du 31 décembre 2019 relatif à la procédure de rupture conventionnelle dans la fonction publique, dont les mesures sont entrées en vigueur au 1er janvier, ce texte se faisait attendre.

Beaucoup l’attendaient impatiemment. L’arrêté fixant les modèles de convention de rupture conventionnelle pour les fonctionnaires et contractuels a été publié au Journal officiel du mercredi 12 février. Prévu par le décret du 31 décembre dernier relatif à la procédure de rupture conventionnelle dans la fonction publique, dont les mesures sont entrées en vigueur dès le lendemain, 1er janvier 2020, ce texte était en attente de publication depuis lors.

L’arrêté qui vient d’être publié [cliquez ici pour le consulter]comporte 4 annexes, où figurent les modèles de convention de rupture applicables à chaque catégorie de personnel. À savoir pour les fonctionnaires, pour les contractuels sur des contrats à durée indéterminée (CDI), pour les ouvriers d’État et pour les praticiens hospitaliers en CDI.

Pour rappel, le dispositif de rupture conventionnelle a été institué par la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique. Et ce à titre expérimental pour les fonctionnaires (du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2025) et à titre pérenne pour les autres catégories de personnel.

Montant de l’indemnité et date de cessation des fonctions 

Comme prévu, les modèles de convention de rupture intègrent notamment la fixation du montant de l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle et de la date de cessation définitive des fonctions du fonctionnaire ou de l’agent contractuel concerné.

Ces modèles rappellent aussi que l’agent concerné par la rupture conventionnelle “déclare être informé des conséquences de la cessation définitive de ses fonctions”, en particulier le respect des règles déontologiques qui lui incombent, le bénéfice de l’assurance chômage ou encore l’obligation de remboursement de son indemnité en cas de retour dans la fonction publique.

Autre point contenu dans les modèles de convention de rupture : le fait que l’agent “déclare être informé que l’une ou l’autre des parties dispose d’un droit de rétractation, qui s’exerce dans un délai de quinze jours francs et commence à courir un jour franc après la date de signature de la convention de rupture conventionnelle”. La cessation définitive des fonctions du fonctionnaire ou la fin du contrat de l’agent concerné interviendront, quant à elles, “au plus tôt”, un jour après la fin du délai de rétraction.

Modèle adaptable et non obligatoire 

“Nous allons désormais pouvoir acter sur le papier les accords déjà intervenus avec certains agents, explique un responsable des ressources humaines en collectivité. L’absence d’arrêté laissait planer un doute sur la sécurité juridique des conventions que nous aurions pu signer avant la publication de l’arrêté.” Un risque soulevé par d’autres praticiens de la fonction publique et par le député RN Bruno Bilde dans une question écrite posée au gouvernement le 4 février.

L’arrêté “fixe un modèle que les administrations peuvent adapter en tant que besoin et non un modèle obligatoire de convention”, expliquait l’entourage du secrétaire d’État auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics, Olivier Dussopt, en amont de sa publication.

Cet entourage soulignait aussi que les dispositions du décret de décembre sur la procédure de rupture conventionnelle n’étaient “pas conditionnées à la publication de l’arrêté pour déployer leurs effets juridiques” au 1er janvier. Plusieurs représentants du personnel et responsables des ressources humaines estiment néanmoins que la publication de l’arrêté sur les modèles de convention facilitera la négociation de ruptures conventionnelles. “Tous les outils réglementaires sont désormais disponibles pour la mise en oeuvre de la rupture conventionnelle, a notamment souligné sur Twitter Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT Fonctions Publiques. Les employeurs devront répondre à la hauteur des enjeux”. “Les demandes des agents sur la rupture conventionnelle arrivent en nombre auprès des équipes militantes”, ajoute aussi sur Twitter Franck Loureiro, secrétaire général adjoint du SGEN-CFDTC’est, selon luile “signe d’un profond malaise dans la fonction publique”. Mais, poursuit ce représentant du personnel, “tous n’obtiendront pas l’accord de leur employeur, il faudra gérer les refus”.