RETRAITES : ÂGE PIVOT OU DURÉE DE COTISATION ? DES SYNDICATS PRÊTS À ÉTUDIER UNE MESURE D’ÂGE

DIALOGUE SOCIAL
La CFDT, la CFTC, la CFE-CGC et l’Unsa sont ouvertes à une telle disposition « si elle est accompagnée par d’autres mesures »

Les discussions se poursuivent à la conférence de financement des retraites. Ce mardi, quatre organisations syndicales se sont dites « prêtes » à prendre en considération une mesure d’âge ( âge pivot ou durée de cotisation) pour équilibrer le système d’ici à 2027, selon un document remis aux partenaires sociaux.

La CFDT, la CFTC, la CFE-CGC et l’Unsa sont ouvertes à une telle disposition « si elle est accompagnée par d’autres mesures », souligne ce document dont l’AFP a obtenu copie. Il a été remis aux partenaires sociaux lors d’une nouvelle réunion dans la matinée, dans le cadre de la conférence de financement. Patronat et syndicats doivent faire des propositions d’ici à fin avril pour ramener le système à l’équilibre en 2027.

Le patronat « favorable » à une mesure d’âge

La semaine dernière, la CGT et FO ont quitté la table, critiquant le cadre contraint des discussions, le Premier ministre Edouard Philippe ayant écarté toute hausse des cotisations patronales. Côté patronat, les quatre organisations (Medef, U2P, CPME et FNSEA) participant à la conférence de financement sont « favorables à une mesure d’âge ».

Selon le document, un allongement de la durée de cotisation plus rapide que prévu par la réforme des retraites de 2014 à 43 ans dès la génération 1964 (au lieu de la génération 1973) rapporterait 3,9 milliards d’euros en 2027. Avec l’introduction d’un âge minimal à taux plein (âge pivot) à 65 ans en 2027, les économies seraient de 10,8 milliards d’euros la même année.

Des syndicats ouverts à une « révision du dispositif carrières longues »

Outre ces mesures d’âge, « tout le monde est à peu près d’accord pour mettre à contribution le Fonds de réserve des retraites » (32 milliards d’euros), a précisé un expert proche du dossier. Certains syndicats et le patronat sont également ouverts à une « révision du dispositif carrières longues », qui permet de partir plus tôt à la retraite pour les personnes ayant commencé à travailler tôt. Actuellement, pour répondre aux conditions de ce dispositif, il faut notamment avoir cotisé 5 trimestres avant l’âge de 20 ans. Passer à 12 trimestres permettrait de faire 1,3 milliard d’euros d’économies, selon le document. « Ils sont nombreux, ils ont les moyens parce qu’ils ont une carrière complète : c’est très tentant de taper sur eux, parce que ça fait de bonnes économies. Le problème, c’est que ce n’est pas juste », a réagi Frédéric Sève (CFDT) auprès de l’AFP.

« On est contre, le dispositif doit rester tel quel », a abondé Pascale Coton (CFTC). Autre sujet explosif : la CPME a mis sur la table un éventuel alignement de la CSG des retraités, actuellement à 8,3 %, sur le taux des actifs, à 9,2 %, ce qui rapporterait jusqu’à 1,5 milliard d’euros. « On est un peu les seuls à prêcher dans le désert sur la CSG », a toutefois reconnu son vice-président, Eric Chevée.

Dans un communiqué, la CFTC a regretté que « l’ensemble des mesures chiffrées » fasse « porter l’essentiel de l’effort sur les salariés » et qu’« aucune » des mesures ne sollicite les entreprises. Lors de la prochaine réunion, des scénarios plus précis seront mis sur la table par les partenaires sociaux pour arriver aux 12 milliards d’économies en 2027 fixés par Edouard Philippe.

20 Minutes avec AFP