LES AGENTS DE LA FPT ONT PERDU 0,4 % DE POUVOIR D’ACHAT EN 2018

La direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) a publié le rapport annuel sur l’état de la fonction publique 2020. Près de sept cents pages pour faire le point sur tous les secteurs des ressources humaines et de l’emploi publics.

Le pouvoir d’achat des agents de la fonction publique territoriale (FPT), qui était stable depuis 2013, a baissé en 2018 dans les collectivité, selon le rapport annuel sur l’état de la fonction publique 2020 (Faits et chiffres). Une analyse détaillée montre toutefois que si la baisse, en euros constants, de la rémunération moyenne des personnes en place chez le même employeur en 2017 et 2018 (RMPP) est de 0,4 %, le pouvoir d’achat des agents des régions progresse au contraire de 0,4 %. Dans les autres collectivités, l’augmentation de la RMPP étant plus faible et l’inflation s’étant accélérée, le pouvoir d’achat baisse de 0,7 % pour les agents des communes, de 0,3 % dans les services d’incendie et de secours (SDIS) et de 0,1 % dans les départements. Il est en moyenne stable dans les EPCI à fiscalité propre.

Les entrées et sorties au sein de la collectivité (recrutement, départ, départ à la retraite) pèsent moins sur l’évolution du salaire moyen de la FPT que pour la fonction publique de l’État (FPE) et la fonction publique hospitalière (FPH). Ainsi, à structure d’emplois inchangée, le salaire net moyen nominal serait resté le même dans la FPE et il aurait augmenté de 0,5 % dans la FPT et de 0,7 % dans la FPH. Le pouvoir d’achat du salaire net moyen à structure constante aurait baissé de 1,8 % dans la FPE, de 1,3 % dans la FPT et de 1,1 % dans la FPH.

En 2018, la baisse du nombre de contrats aidés, le renouvellement des effectifs et l’avancement individuel des personnes en place ont modifié la structure des emplois. Au total, le solde des entrées et sorties a entraîné une baisse du salaire net moyen : – 1,4 % dans la FPE, – 0,5 % dans la FPT et – 1,1 % dans la FPH. C’est ce qui s’appelle « l’effet de noria », qui est généralement négatif, les salaires des sortants étant plus élevés que ceux des entrants. Il est davantage marqué dans la FPE, en raison des écarts de salaires plus importants entre agents entrants et sortants. Depuis 2015, cet effet de noria est stable dans la FPE et la FPH, et il se réduit dans la FPT.

Le salaire mensuel net moyen des fonctionnaires présents au 31 décembre 2017 et absents au 31 décembre 2018 (les sortants) s’élève à 2 678 euros dans l’ensemble de la fonction publique (- 1,3 % par rapport aux sortants de 2017) ; en détail, il représente 3 160 euros dans la FPE (-0,4 %), 2 171 euros dans la FPT (- 0,6 %) et 2 463 euros dans la FPH (+ 0,1 %). Atteignant 54 ans dans l’ensemble de la fonction publique, la FPE et la FPH mais 55 ans dans la FPT, la moyenne d’âge des sortants cesse d’augmenter.

L’écart de rémunération sortants-entrants est beaucoup plus élevé dans la FPE (+ 47,5 %) que dans la FPH (+ 24,0 %) et la FPT (+ 18,7 %). Motif : la part plus importante des catégories hiérarchiques plus élevées dans la FPE, des agents au déroulement de carrière plus dynamique, et une entrée généralement plus jeune dans la FPE (34 ans) que dans la FPH (37 ans) ou dans la FPT (42 ans en 2018).

« Au total, l’effet de noria s’accroît avec l’écart de rémunération entre entrants et sortants et avec le renouvellement des effectifs. Bien que ce renouvellement soit proportionnellement plus important dans la FPT ou la FPH que dans la FPE, l’écart de rémunération creusé au long de la carrière l’emporte », précise le rapport. Mais cet écart étant relativement structurel, la plus grande part de la variabilité de l’effet d’entrées-sorties s’explique par l’évolution du volume de renouvellement des effectifs.

Marie Gasnier

Un agent civil de la FPT perçoit en moyenne 1 963 euros nets mensuels

En 2018, le salaire net moyen des agents territoriaux des communes s’élève à 1 858 euros. Un salaire net moyen variable selon l’employeur : 1 749 euros pour les agents des centres communaux d’action sociale (CCAS) et des caisses des écoles, 2 659 euros dans les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS). Ces différences reflètent des structures d’emplois variées, à la fois en termes de statut d’emploi mais aussi de filière.

Posté le 08/12/20 par Rédaction Weka
Image par Wilfried Pohnke de Pixabay