LA RÉVOLUTION DU TÉLÉTRAVAIL N’A PAS ENCORE EU LIEU DANS LA TERRITORIALE

Selon le dernier baromètre HoRHizons, les agents territoriaux ont jusqu’ici “majoritairement” continué à travailler en présentiel durant la crise. Une “majorité de collectivités”, les plus petites en particulier, ne souhaitent pas changer d’organisation et/ou assouplir l’accès au télétravail. Une conséquence de métiers “difficilement télétravaillables” en leur sein.

Le télétravail doit rester la règle dans la fonction publique. L’exécutif ne cesse de répéter cette consigne depuis le début de l’épidémie. Preuves en sont les nombreuses circulaires du gouvernement en la matière. Des consignes destinées en premier lieu à la fonction publique d’État, mais aussi, par transposition, au versant territorial.

Reste qu’à la différence de l’État, peu de données avaient encore émergé depuis les collectivités sur cette pratique (contrainte) du télétravail. Le tir est désormais rectifié avec la dernière édition du baromètre HoRHizons, publiée ce mercredi 3 mars, qui revient sur le bouleversement des politiques RH des collectivités en raison de la crise sanitaire. Lors du premier confinement plus précisément, à savoir au printemps 2020.

S’appuyant sur une enquête menée auprès d’un millier de collectivités, cette étude est le fruit d’un partenariat entre l’Assemblée des départements de France (ADF), l’Association des maires de France (AMF), Régions de France, le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) et la Fédération nationale des centres de gestion (FNCDG).

Des agents majoritairement en présentiel

Bilan : les agents territoriaux ont “majoritairement” continué à travailler en présentiel. Ainsi, 40% des collectivités répondantes déclarent-elles “qu’au moins la moitié” de leurs agents ont travaillé “totalement” en présentiel. À noter aussi que plus d’une collectivité sur 2 déclarent que moins de 25 % de leurs agents ont travaillé partiellement ou totalement à distance.

La part d’agents ayant majoritairement travaillé en présentiel est “plus élevée” dans les communes de moins de 3 500 habitants que dans les autres collectivités de plus grande taille. Une situation qui s’explique en particulier par la nature des services publics et des métiers exercés dans ce type de collectivités. “Métiers difficilement télétravaillables”, puisque majoritairement en lien avec la population, précise le baromètre.

Pas d’assouplissement souhaité dans les petites collectivités

L’étude revient aussi sur les intentions des collectivités, fortes des enseignements de la crise, d’engager des concertations sur le télétravail. Et elles semblent peu motivées en ce sens, à la lecture des résultats du baromètre. Près de 70% des collectivités répondantes n’ont ainsi pas encore formalisé d’accord pour permettre aux agents de faire du télétravail.

Par ailleurs, au regard des enjeux posés par la crise, “une majorité de collectivités” ne souhaite pas changer d’organisation et/ou assouplir l’accès au télétravail. À l’exception, toutefois, des régions, des départements, des intercommunalités et des grandes communes.

Dans les communes de moins de 3 500 habitants en revanche, seuls 22,5 % des répondants souhaitent de tels changements. Pour les communes de 3 500 à 20 000 habitants, cette proportion grimpe à près de 58 % et elle oscille entre 60 et 100 % dans les autres types de collectivités. Des divergences liées encore une fois aux métiers exercés.