AVEC LA CRISE, LES AGENTS SE SENTENT ENCORE PLUS UTILES … MAIS MOINS RECONNUS

83% des fonctionnaires se considèrent comme « utiles » depuis que la crise sanitaire a débuté, mais un tiers seulement se sentent « reconnus par la société », selon un sondage BVA pour la Casden Banque populaire rendu public à l’occasion de la journée internationale de la fonction publique qui a eu lieu ce 23 juin.

Les 1.001 fonctionnaires de l’État, des hôpitaux et des collectivités territoriales (représentatifs de l’ensemble des fonctionnaires français) que l’institut BVA a interrogés par internet du 26 avril au 3 mai derniers s’estiment « utiles » à 83%. Interrogés il y a un an dans le cadre de la même enquête (voir notre article du 30 juin 2020), les fonctionnaires étaient déjà une large majorité à considérer leur travail comme utile (72%). Mais il aura donc suffi d’une année pour que ce sentiment progresse de 11 points.
La crise sanitaire a également renforcé le sentiment de fierté des fonctionnaires dans l’exercice de leur mission (de 73% en 2020 à 79% cette année). Mais une grande majorité de ceux-ci regrettent que la reconnaissance de leur travail « par la société » ne soit pas au rendez-vous. C’était déjà le cas il y a un an, mais la déception des agents publics s’aggrave (de trois points, pour descendre à 66%). De même, lorsqu’on leur demande s’ils se sentent valorisés, 71% des fonctionnaires du panel répondent « non » (+3 points).

Davantage de problèmes de santé

Sur la question du soutien qui leur est apporté, les choses sont ambivalentes. Si les fonctionnaires sont très majoritaires (85%) à se sentir soutenus par leurs collègues, ils ne sont qu’une petite majorité (54%) à avoir l’impression que leur hiérarchie les soutient. C’est dix points de moins qu’il y a un an. La crise aurait donc semble-t-il affecté les relations qu’entretiennent les agents avec le personnel d’encadrement. On notera par ailleurs qu’une minorité de fonctionnaires se sentent soutenus par les élus locaux (35%), ou l’Etat (25%).
68% des fonctionnaires « vivent bien » – en tant qu’agents publics – la situation issue de la crise sanitaire. Après le premier confinement de l’an dernier, ce sont 73% des fonctionnaires qui affirmaient bien vivre la situation. La seconde vague de l’épidémie (à l’automne 2020), puis la troisième (au printemps 2021) auraient donc entamé la sérénité d’une partie des agents publics. Les plus touchés sont les personnels hospitaliers : seulement 51% d’entre eux affirment qu’ils vivent bien la situation, contre 67% un an plus tôt. En revanche, dans la fonction publique territoriale, le recul n’est que de trois points (de 78 à 75%). Parmi l’ensemble des agents publics, ce sont d’ailleurs les agents territoriaux qui présentent la proportion la plus élevée de personnels affirmant bien vivre la crise.
Ces résultats peuvent s’expliquer notamment par un accroissement des difficultés rencontrées par les agents. Il s’agit par exemple de problèmes de santé (fatigue, stress, maladie, lassitude…). 63% des agents déclarent avoir eu « au moins parfois » ce type de problèmes depuis le début de la crise sanitaire. Soit 15% de plus que dans l’enquête menée en mai 2020.

Télétravail : satisfaction d’une grande partie des agents

Près des trois quarts des agents qui télétravaillent depuis le début de la crise sanitaire au moins une fois par semaine trouvent que « cela se passe bien d’un point de vue technique et organisationnel ». Un taux qui est tiré par la satisfaction (84%) exprimée par les télétravailleurs des collectivités territoriales.
Seulement 40% des agents considèrent que les réformes en cours (suppression de l’ENA) ou récentes (loi de transformation de la fonction publique) vont « dans le bon sens pour transformer efficacement la fonction publique », indique par ailleurs le sondage.
Concernant l’évolution du fonctionnement de la fonction publique, près des trois quarts (74%) des agents se disent pessimistes. Mais une grande majorité (80%) pense qu’à l’issue de la crise, ils continueront à travailler dans la fonction publique. Les autres souhaitent demander une mobilité (12%), ou se réorienter (8%).