L’EXÉCUTIF EXCLUT UNE DEUXIÈME REVALORISATION GÉNÉRALE DES SALAIRES EN 2022

Lors d’une réunion de suivi de la Conférence salariale, organisée jeudi 15 septembre, le ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, Stanislas Guerini, a confirmé qu’aucune mesure générale sur les salaires n’était prévue d’ici la fin de l’année. Au grand dam des syndicats…

Il n’y aura pas de nouvelle mesure générale sur les salaires dans la fonction publique en 2022. Le ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, Stanislas Guerini, l’a confirmé, jeudi 15 septembre, à l’occasion d’une réunion de suivi de la conférence salariale qui avait eu lieu le 28 juin dernier.

Cette réunion fut en effet l’occasion pour le gouvernement de dresser un premier bilan des mesures annoncées avant l’été. À savoir le dégel de 3,5 % de la valeur du point d’indice, la reconduction de la Gipa (l’indemnité de garantie du pouvoir d’achat), la revalorisation des débuts de carrière des agents de catégorie B, ainsi que la revalorisation et l’extension de la participation aux frais de restauration des agents de l’État. Autant de mesures actées cet été par la voie réglementaire ou par circulaire. L’extension du forfait “mobilités durables”, quant à elle, devrait bientôt être actée par décret.

“Une gifle pour tous les agents”

Pour des mesures plus structurelles sur les carrières et les rémunérations dans la fonction publique, les agents devront en revanche attendre le grand chantier promis par Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle, qui doit être prochainement lancé. Comme reprécisé par Stanislas Guerini, des discussions exploratoires seront lancées cet automne, avant une suspension des travaux en raison des élections professionnelles de décembre. Les échanges reprendront ensuite début 2023, avec une négociation plus formelle que le gouvernement compte faire aboutir dans le courant de l’année prochaine.

Sans surprise, l’absence de nouvelle revalorisation générale dans l’immédiat n’a pas manqué de faire réagir les représentants du personnel, qui réclamaient une clause de revoyure sur le point d’indice – et donc un nouveau dégel – ou encore une indexation de celui-ci sur l’inflation. ”La sobriété ne devra pas seulement être énergétique pour les agents”, mais également salariale, a ainsi déploré Luc Farré, de l’Unsa Fonction publique. “C’est une gifle pour tous les agents et un mépris pour les services publics”, a renchéri Céline Verzeletti, de la CGT Fonction publique. Nathalie Makarski, de la CFE-CGC, y voit pour sa part un “coup dur pour les agents” qui, selon elle, “sont au pain sec et à l’eau depuis des années”. 

Négociation en 2023

“Dans la situation actuelle, l’attente des agents ne porte pas sur une simple réunion d’information, abonde Pascal Kessler, de la FA-FP. Nous aurions souhaité que la réalité de l’inflation touchant les agents publics, comme d’ailleurs l’ensemble des Français, soit prise en compte.” “Alors que la situation continue de se dégrader avec une inflation galopante, c’est bien à un appauvrissement des agents que l’on continue d’assister”, a aussi pointé Solidaires Fonction publique, selon qui la hausse de 3,5 % du point d’indice “n’est pas à la hauteur de l’urgence”. “Les agents ont besoin d’autre chose que d’être salués et remerciés. Ils ont besoin de mesures salariales générales sans attendre, ajoute ce syndicat. 2023 est bien trop loin.”

La CFDT Fonctions publiques a elle aussi fait part de sa déception quant à l’absence de nouvelles mesures générales d’ici la fin de l’année. “Pour autant, la porte n’est pas totalement fermée, veut croire sa secrétaire générale, Mylène Jacquot. De nouvelles discussions doivent s’engager d’ici la fin de l’année sur des mesures plus ciblées et sur des mesures d’amélioration de la vie au travail des agents publics.”  

Cette syndicaliste mise aussi sur la prochaine négociation sur les salaires et les rémunérations : “Le pouvoir d’achat est un vrai sujet, la situation des agents et le besoin de services publics exigent que les discussions avancent et que les moyens suivent.” “Nous espérons qu’il s’agira de vrais rendez-vous pour de vraies perspectuves salariales”, ajoute Nathalie Makarski, de la CFE-CGC, en rappelant que le pouvoir d’achat reste la “priorité” des Français. Rendez-vous donc en 2023 pour une négociation tout autant attendue que sensible.