ÉCONOMIES : LES RÉPUBLICAINS CIBLENT LE STATUT DE LA FONCTION PUBLIQUE

“Il faut s’attaquer au statut de la fonction publique, cela ne doit plus être un tabou”, a affirmé le président des Républicains, Éric Ciotti, alors que le gouvernement cherche à faire des économies budgétaires. Ce n’est pas la première fois que le statut est dans le viseur du parti de droite, qui cible aussi de nouveau “l’emploi à vie” des fonctionnaires.

Le rétablissement des finances publiques passera par une “grande réforme structurelle de l’État et une restructuration de l’administration”. C’est la conviction qu’a affichée le président des Républicains (LR), Éric Ciotti, mardi 26 mars, après la confirmation du creusement du déficit public. Alors que le gouvernement Attal a déjà annoncé de nouvelles mesures d’économies, le parti de droite appelle – une fois de plus – à regarder du côté de la fonction publique. Un vieux refrain chez LR, que certains jugent démagogique voire dangereux pour la qualité du service public.

“Ce sont les Français qui payent pour la gabegie de l’État, a ainsi affirmé le patron de LR sur BFM TV mardi. Aujourd’hui, on a une administration qui produit beaucoup de normes, qui dans certains secteurs est trop nombreuse et qui, dans d’autres, est insuffisante.”

Le député des Alpes-Maritimes a notamment cité le cas de l’hôpital : “Il y a plus d’1 million d’agents hospitaliers et, parmi eux, plus de 350 000 administratifs mais trop peu de soignants.” Pour Éric Ciotti, il faudrait donc “réaffecter progressivement” ces personnels administratifs “dans d’autres administrations”. “Il faut moins recruter d’administratifs et moins les remplacer quand ils partent en retraite”, a développé Éric Ciotti.

Redéploiement d’effectifs

Ce n’est pas la première fois que le parti de droite s’attaque à ce qu’il appelle la “bureaucratie” de la fonction publique, l’“administration administrante”, selon l’expression de l’ex-candidate à la présidentielle Valérie Pécresse. Dans leur “contre-budget” présenté l’automne dernier, Les Républicains se déclaraient ainsi favorables à l’augmentation des effectifs de l’État pour ses missions régaliennes (sécurité, justice, défense) mais aussi en faveur de la transition écologique et de la santé. Cette augmentation, ajoutaient-ils alors, “doit se faire dans le cadre d’un redéploiement des moyens existants” avec, donc, une diminution des effectifs “dans les administrations centrales”, “dans les personnels administratifs et non soignants de notre système de santé” et “chez les opérateurs et agences de l’État”.

Au-delà de cette question des effectifs, Éric Ciotti a aussi affirmé la volonté de son parti de modifier le statut de la fonction publique et de revenir sur “l’emploi à vie”.“J’y suis favorable, ça ne doit plus être un tabou, a-t-il expliqué sur BFM TV en s’inscrivant toujours dans une logique d’économies. Il faudra naturellement s’attaquer au statut de la fonction publique.”

Le patron des Républicains ne s’est pas pour autant épanché sur la manière dont son parti compterait faire évoluer le statut de la fonction publique. Une source d’inspiration pourrait se trouver dans des propositions que LR avait portées en amont de la campagne présidentielle de 2022 pour “rompre avec l’État-nounou” et définir un “nouveau modèle d’État”. Pilotées alors par Éric Woerth et Jean-François Copé, ces propositions poussaient ainsi à la fin progressive de l’emploi à vie dans la fonction publique.

Le parti proposait de créer un “nouveau contrat public pour les nouveaux entrants (hors emplois de souveraineté : magistrats, diplomates, forces de l’ordre) et les fonctionnaires volontaires” afin de “remplacer progressivement l’emploi à vie”. Des propositions qui pourraient bien être évoquées par les parlementaires LR à l’occasion de la nouvelle réforme de la fonction publique préparée par le ministre Stanislas Guerini, qui doit arriver à l’automne au Parlement.

Les Républicains reviennent à la charge sur les jours de carence
“Il faut qu’il y ait des jours de carence harmonisés entre le public et le privé, à savoir 3 jours”, a indiqué Éric Ciotti, confirmant ainsi la volonté de son parti de faire passer de 1 à 3 le nombre de jours de carence dans la fonction publique. Cette mesure a déjà été portée à de nombreuses reprises par les sénateurs LR, sans jamais aboutir. Dans son “contre-budget”, LR évaluait à 200 millions d’euros par an environ les économies qui pourraient être tirées de l’augmentation du nombre de jours de carence dans la fonction publique. L’efficacité du jour de carence est néanmoins souvent remise en cause. Si son rétablissement en 2018 dans la fonction publique a contribué à réduire le micro-absentéisme, le nombre d’absences de longue durée a quant à lui augmenté. Comme l’ont en effet confirmé plusieurs études récentes – de l’Insee notamment –, le jour de carence a fait baisser les courts arrêts maladie des agents publics, mais pas les longs. De quoi remettre en doute l’efficacité de la mesure, a fortiori si on triplait la mise.